Nala : Rose-Orangé
Bill : Jaune
Georg : Rouge
Gustav : Bleu
Tom : Vert
"Soyez à l'heure !"
"Onze heures précises !"
Tu parles ! Il est bien tôt onze heures et quart, et il n'y a toujours personne ! Ca fait vingt minutes que j'attends, voyez ! Je suis même venue un peu en avance !
Et je n'ai personne à contacter, à part ce mystérieux numéro sur le papier rose.
-_O
Qui ne tente rien na rien, n'est-ce pas...
- Alors...456 77.
J'appelle. Ca sonne.
- Service Client, j'écoute ?
- Bonjour madame, pardon de vous déranger, mais je suis la locataire de la chambre 23, et je souhaiterai contacter Mr David Jost, s'il vous plaît.
- Je suis navrée, mais je crains que ce ne soit possible. Nous avons besoin d'un certificat de rendez-vous ou de contrat avec Mr Jost, pour vous donner un contact.
- Mais c'est important ! Vous ne pouvez pas l'appeler, vous et me mettre en ligne avec lui ? J'appelle à partir un téléphone portable, et puis, de toute façon, c'est ce numéro qui s'affichera. Puisque c'est moi qui appelle...
- Je ne suis pas sûre d'avoir réellement compris...
- Ce que j'essaye de vous dire, c'est que si vous me mettez en ligne avec lui avec votre téléphone, je n'aurais aucun moyen de récupérer ses coordonnées, puisque c'est moi qui vous appelle !
- Je vais voir ce que je peux faire. Ne quittez pas.
Elle me laisse un fond musical plutôt désagréable, pour me faire patienter.
J'ai un double appel !
Numéro inconnu...
- Allô ?
- Nala ? C'est David, où êtes-vous ?
- David ! Je vous attends devant l'hôtel, comme prévu ! Ca fait d'ailleurs presque une demi-heure ! Mais...Comment avez-vous eu...
- Votre numéro de téléphone mobile était dans les renseignements demandés afin d'aboutir à la mise en place de la rencontre. Mais ce n'est pa ça le plus important ! Ce qui était prévu, c'était de se rejoindre devant la poste de Saint-Exupéry !
- En aucune façon ! Vous ne m'avez pas précisé d'endrois où nous retrouver, hier ! Vous m'avez juste donné l'heure ! J'en ai donc conclu de vous attendre devant l'hôtel...
- Toute cette histoire nous aura mis en retard ! Ne bougez pas, j'arrive.
Où veux-t-il que j'aille...Il raccroche.
- Madame ? Je suis désolée, mais il nous est impossible de contacter Mr Jost pour le moment.
- Oh, ne vous embêtez plus. J'ai pu lui téléphoner autrement. Merci tout de même ! Bonne journée.
Je range mon téléphone dans mon sac et attends, assise sur le muret devant l'entrée.
Il fait nettement plus beau qu'hier. Les nuages ont disparu, et un soleil timide illumine les cîmes des arbres et bâtiments.
L'animation bât son plein dans les rues voisines. J'entends des grandes gens parler haut, des enfants chahuter, et une leçon de piano a lieu près de mon hôtel.
Cette vision de la capitale ne me convient que mieux !
- Bonjour ! Je m'appelle Nala !
- Oui, on le sait =) ! Comment ça va ?
Il me tend la main.
Je n'ai pas envie de la lui serrer.
- Je vais bien, merci. Mais, si je puis me permettre, on fait la bise aux dames, en France. On ne leur serre pas la main.
Il me fixe, un sourcil levé, pendant quelques centièmes de secondes. Puis, il amène sa main vers mon épaule, m'attrape et me colle deux bises plutôt busques sur les joues.
- Je suis désolé d'avoir manqué de respect à une "dame" de France.
Euh...ne serait-il pas...iditot, à tout hasard ?
- Ce n'est pas une question de respect, mais de coutume...Mr Jost, est-ce que nous pourrions être seuls, tous les cinq, à un moment donné ?
- Pourquoi donc ?
- J'ai quelque chose à leur dire d'extrèmement privé.
Il m'observe, perplexe.
- Je ne suis pas sûr que...
- Vous pouvez installer des caméras de surveillance, si cela peut vous rassurer ! Tout ce que je souhaite est que l'on n'entende pas.
- Le prolème, c'est que ce que vous souhaitez n'est pas forcément...pris en compte.
Bien dit David ! Cette petite pourrie gâtée ne va quand même pas nous emmerder avec ses manières à la noix !
- Je posais juste une question, à l'origine. Mais puisque ce n'est pas possible, ce n'est pas grave. Je trouverai bien un moment où je puisse leur faire part de tout cela sans encombre ni dérangement.
- Mais certainement...Bon, Saki, tu restes là ? Bien, les garçons, je vous dit à plus tard ! Mademoiselle Nala...
- Au revoir.
Il ferme délicatement la porte, gardant sur moi un regard froid.
Je me fiche éperdument d'être bien vue ou aimée ici ! Je ne suis pas venue pour plaire ! J'ai un message à faire passer, et je le dirai !
Et c'est tout !
- Je ne pensais pas que ce moment de paix serait si vite venu...
- Attends une minute. Je peux savoir pourquoi tu parles comme ça ? J'veux dire...t'as peur qu'on comprenne pas ?
Et c'est reparti pour l'éternelle explication...
- Non, c'est simplement l'éducation que j'ai reçue. Mes parents sont très fiers de nos origines généalogiques et prennent à coeur les anciennes coutumes.
- Oh, je dois alors m'estimer heureux de ne pas avoir eu à te baiser la main...
- Au sein de la famille, c'est encore pratiqué. Mais j'avoue que j'ai horreur de sa. Surtout quand ce sont mes oncles qui m'embrassent. Mais le fait de faire la bise au...filles n'est pas une coutume de l'ancien temps. C'est valable partout dans le pays.
- Pour l'instant, personne, aucune nana ne me l'a fait remarquer...
- Quelle groupie oserait contredire le merveilleux Bill Kaulitz ? Tu peux me le dire ?
Il me jète un regard mauvais et pince les lèvres.
- Je t'ennuie, peut-être ?
- Pire, tu m'emmerdes.
Je souris.
- C'est un peu le but de ma venue.
- Attends, c'est quoi ton problème ? T'es fan ou pas ? Parce qu'à l'origine, tu vois, c'est une fan qui doit être assise à ta place !
- Je suis une fan bien plus digne que la moitié des pétasses blondes qui vous harcèlent depuis un an !
Saki fait un pas en avant.
- C'est bon. Ce n'est pas parce que j'ai crié un peu que je vais les manger.
Il recule, pas très convaincu.
- Je connais Tokio Hotel depuis trois ans. Depuis le début. Avant même que vous ne vous pointiez en France. Vu ? Et mon problème, je vais vous l'expliquer très clairement. Mais pas aujourd'hui. Vous n'êtes pas prêts à l'entendre. Si nous faisons d'abord plus connaissance ? J'ai du vous parraître si désagréble depuis tout à l'heure...Je ne suis pas comme ça d'habitude. Qui commence ?
- Honneur aux dames. En plus, tu es l'invitée. Je t'en prie, parle-nous de toi.
Imbécile...
- D'accord ! Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
- C'est quoi ce truc, que t'as à nous dire ?
- Bill ! Je viens de dire que je n'en parlerai pas maintenant !
- Mais on est seuls, là !
- Pas tout à fait.
Saki fait un grognement étouffé. Je me tourner vers lui.
- Ne le prenez pas mal, surtout.
Il se redresse, fier, bras croisés.
- Tu n'as qu'à faire comme s'il n'était pas là !
- Ce n'est pas possible, puisqu'il est dans cette pièce.
- Eh, "imagination", tu connais ?
- Je suis navrée, je n'en ai pas.
- C'est du foutage de gueule !
- C'est ce que j'allai dire ! Ge', t'es d'accord ?
Georg lève les épaules en signe d'aprobation.
- Et vous vous en avez trop, à ce que je vois. Vous voulez que je vous dise ? En plus d'être des gros menteurs, hypocrites, snobards, arrogants, orgueilleux et STUPIDES garçons, vous êtes paranoïaques !
- Eh, baisse d'un ton ! On est pas tes potes !
- D'un côté tant mieux ! Qu'est-ce que vous voulez que je fasse d'amis tels que vous ?! Quatre gars bien partis, mais qui on fini la tête dans la cuvette, enfoncée bien profond ! Exactement Bill ! Vous vous êtes enfoncés comme de vulgaires punaises ! Et le pire c'est que vous ne vous en êtes même pas apperçu ! Vous êtes PATHETIQUES ! Regarde-toi, Bill ! Tu crains ! Oui, parfaitement ! Tu n'as l'air de rien ! Ces mèches violettes sont affreuses, ta coiffure te donne l'air d'un hérrisson géant plongé dans de la suie ! Tes fringues ne reflètent même plus ta soif de liberté, et ton désir de t'exprimer ! Ce que tu portes nous fait simplement penser à quelqu'un qui veut se faire remarquer ! Et ton maquillage n'est plus aussi expressif qu'au début ! Tu est laid, comme ça ! Tu n'es même plus Bill ! T'es un mannequin qu'on trouve dans les magasins ! Et toi, Tom, ce n'est pas mieux ! Pas la peine de le regarder ainsi ! Tes T-shirt six fois trop large sont d'un mauvais goût digne de paysans ! Tes casquettes avec tes bandeaux surchargent ton visage, tu n'as plus l'ancien beau visage que tu affichais avant ! Tes Jeans me font pitié, tu es sans cesse obligé de les tenir pour ne pas qu'ils tombent ! Et tout ça pour quoi ? Pour montrer que vous avez du fric ? Pour rappelez à la populasse que vous êtes là ? Et vous deux, ne riez pas non plus ! Parce que cette coiffure fashion a beau t'aller bien, Gustav, ce n'est pas aussi sympathique que ton ancienne coupe simple, mais représentative ! Georg, tes cheveux sont trop longs, trop lisses ! C'était tellement mieux, plus sauvage et plus rebelle cette coupe au dessus des oreilles, frisée ! Non, mais est-ce que vous vous êtes regardés dans un miroir au moins une fois depuis deux ans ? EST-CE QUE VOUS VOUS RENDEZ-COMPTE DE QUELLE NAÏVETE VOUS AVEZ FAIT PREUVE ? COMMENT FAUT-IL VOUS LE DIRE, BON SANG ?!
Je me suis levée. Je sens la main de Saki qui me tient fermement l'épaule.
- D'après l'emploi du temps que m'a fait parvenir David, nous dînons ensemble ce soir. Je vous rejoindrai à ce moment-là. Je vous laisse seuls un moment.
Je sors de la pièce, écumante de rage.
Ca y est, c'est dit.
- Elle est complètement tapée ! Non, mais pour qui elle se prend ?! Et toi Saki, pourquoi tu lui a pas fermé sa gueule ? Elle a pas à nous parler comme ça, mais où on va ?
- Tom...
- C'est sensé être ton boulot, j'te rappelle ! Tu dois nous protéger !!
- Tom, est-ce qu'elle t'a seulement touché ?
- ...Non.
- En quoi voulais-tu que je te protège ? Oh, parce qu'elle t'a "montré du doigt" ? Parce qu'elle t'a "dit tes quatre vérités" ? D'un côté, tu devrais, vous devirez tous, réfléchir à ce qu'elle vous a dit. Elle n'a pas tout à fait tort. Je pense mêm qu'elle a raison. Pourquoi quelqu'un d'anonyme dans le buisness comme elle aurait-elle à subir ce genre de discours par tout et n'importe qui...et pas des gens comme vous ? Vous n'êtes pas différents d'elle, Tom. Les classes sociales ne se distinguent plus, maintenant. Nous sommes dans un temps d'égalité entre les personnes. Elle a tout à fait le droit de vous dire ce qu'elle pense de vous. Surtout quand c'est un raisonnement aussi juste que le sien.
- OO'
- ...S...Saki ?
- Oui ?
- Co...Comment tu peux dire un truc pareil ? Tu...Tu nous connais mieux qu'elle ! Elle n'est...Elle...
- Elle a raison, Bill. C'est tout.
Il s'en va.
Quoi ? Elle a raison ? Non ! J'suis pas d'accord ! Cette pétasse n'est rien du tout, et son raisonnement n'est pas celui de toute la planète ! Merde !
- Bill...
Je me tourne vers lui.
- On fait quoi...?
- On lui tient tête ! C'est qu'une salope ! On s'en fout de c'qu'elle pense ! Cette nana n'a rien à voir avec nos fans, elle ment !
- D'un côté...c'est vrai que cette mèche est moche, Bill.
- Qu'est-ce que t'as, toi ?! J'l'ai pas faite pour qu'elle te plaise, ma mèche !
- Eh, t'enflamme pas ! C'est juste pour te dire, que si elle pense ça, et que moi aussi, nous ne sommes peut-être pas les seuls.
- Pfff, ta gueule, va, tu dis que d'la merde...
- C'est toi la merde ! On est pas tes chiens ! Tu lui parles meilleur, ok ?
- De quoi j'me mêle ? On t'a causé, à toi ?
- J'ai pas besoin qu'on me cause pour dire mon avis ! Et c'est un truc qu'on peut te reprocher à toi aussi !
- Oh mais vos gueules ! Vous saoûlez, là !
- La tienne, Tom ! La ramène pas !
- Eh, les garçons ! Mais qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi vous criez ?
- Rien ! Moi, j'retourne à l'hôtel, ça me bande. Tschüss !
Je sors en claquant la porte.
Je traverse en courant le couloir qui mène à l'entrée du bâtiment.
Nala est appuyée contre le mur, les yeux rivés sur la seule grande fenêtre, au fond de la pièce.
Qu'est-ce qu'elle est belle, quand même. Pour une salope...
- Toi, tu vas payer cher ce que t'as fait !
Elle se tourne calmement vers moi, me fouettant de ses yeux verts.
- Ce que vous avez fait, tu veux dire. Salut, il y a mon taxi. A ce soir, Billy.
Elle récupère son sac à main posé par terre et s'en va d'un pas posé, dans la voiture jaune qui démarre en trombe et éclabousse la porte en roulant dans une grosse flaque d'eau.
Mais quelle connasse !
Je vais faire un meurtre...
Oo Billy ?
- Mr Bill désire rentrer à l'hôtel ?
- Ah ! Vous voilà, Karl ! Ouai, il faut que je rentre. Dépêchez-vous, mes affaires sont dans le vestiaire maître. Je vous attends à la voiture. Allez, dépêchez-vous, j'ai pas que ça à faire !
- *murmurant* Pauvre gamin. Idiot à cet âge...
- Qu'est-ce que vous dites ?
- Je me répétais simplement ce que vous m'avez dit. Vos affaires dans le vestaire maître ! J'y cours, Monsieur !
- Bonsoir...
Je suis une nouvelle fois accueillie avec raideur. Il faudrait tout de même que je songe à trouver un moyen de détendre cette atmosphère. Il est vrai que ce n'est pas mon objectif prioritaire que de me lier d'amitié avec eux, cependant...Est-ce que le fait d'être plus proches les uns aux autres ne pourrait pas m'avantager à les faire changer ?
Je me le répète, qui ne tente rien n'a rien.
- Où dois-je m'assoir ?
- Viens à côté de moi. Et, au fait, on ne dit pas "où dois-je m'assoir" mais "je m'assois où".
Il m'adresse un sourire chaleureux. Ouah, aurais-je déjà une perche de tendue ? Peut-être que devenir ami avec eux ne sera pas aussi difficile que ce que je le pensais. Surtout si Georg m'aide un peu =) !
- Ok, je m'en souviendrai =) !
Bill m'observe avec une expression se situant entre la haine, le dégoût et la jalousie.
- Vous avez déjà choisi ce que vous vouliez manger ?
- Tu nous crois si pressés ?
Il ne va pas commencer...
- Je posais simplement une question.
- Ouai, ben tu nous fais chier avec tes questions ! Est-ce qu'on a des assiettes sous le nez ? Non ! Par conclusion : nous n'avons pas encore choisi !
- Au cas où tu l'ignorerais mon cher Bill, et c'est d'ailleurs ta situation je crois, sache que les restaurants français ne sont pas des fast-food, et que par conséquent, on peut avoir choisi notre plat san pour autant qu'il nous ait été servi. Mais ce n'est qu'un détail, bien sûr.
Je crois qu'ils auront pas besoin de me présenter leur menu, c'est elle que je vais bouffer !
- S'il vous plaît, tous les deux ! On a compris que vous pouviez pas vous pifrer, mais n'en faîtes pas profiter tout le monde, Ok ?
- Rectification, c'est lui qui ne m'aime pas !
- Oh, c'est vrai que tu m'envoies des fleurs à chaque fois que tu m'adresses la parole ! Tout le monde l'a remarqué !
- Je ne vais pas chanter des louanges à des personnes qui me parlent sur ce ton !
- "A des gens qui me parlent comme ça" aurait suffi, Nala. Arrêtez maintenant, et essayez de vous supporter au moins pour le restant du séjour.
Bill baisse la tête, sourcils froncés et joue avec sa fourchette. Gustav plane, il est plongé dans un grand livre sur les batteurs les plus célèbres.
Tom a les yeux dans le vague...Ou posés sur le bas-dos de la jeune femme derrière nous, je ne sais pas.
- Pourquoi ne sommes-nous que tous les cinq ? David n'est pas avec nous ?
- Non, il a accepté de nous laisser seuls. Etant donné que tu nous a dit ce que tu avais nous dire...
En fait son regard aurait pu également être posé sur moi... :S
- Exact. Cependant, je n'ai pas fait ce que j'avais à faire...Tu regardais quoi, au juste ?
- Hein ? Oh, rien du tout...Je pensais.
- Tu parles...
- Qu'est-ce que tu as ? Tu es jaloux ? Jaloux parce que toi, tu n'as pas cette capacité de pouvoir penser ?
- Mais tu vas la fermer ta gueule ?!
- Bill ! Arrête ! T'es chiant quand t'es de mauvaise humeur !
- La faute à qui si je suis de mauvais poil ?
Il me lance un regard appuyé.
- Si tu attends que je me sente visée, tu va y passer la nuit !
- Bon...CA SUFFIT !
Tout le monde dans le resturant se tourne vers lui. Bill, qui allait répliquer, referme la bouche et ouvre de grands yeux. Gustav ne bouge pas d'un pouce. Tom a l'air désespéré.
- Mais...enfin, ce n'est pas la peine de crier !
- Ca fait deux fois que je vous dit calmement d'arrêter de vous disputer ! Y en a marre !
- Je suis désolée...
Bill baisse la tête et fait la moue.
- Et toi, tu ne t'excuses pas ?
Il me regarde, prêt à m'envoyer balader, mais se reprend sous le regard menaçant de Georg.
- Pardon...
- Je vais vous proposer quelque chose, à vous deux. Vous allez aller dehors, et vous expliquer tranquillement, Ok ? Vous ne reviendrez que quand tout sera au clair. Et si possible agréable pour les autres, c'est-à-dire ne pas vous faire la gueule. Si possible, bien sûr...
- Ge..Fous leur la paix ! S'ils veulent s'envoyer chier, laisse-les faire ! C'est leur problème, pas le notre.
- Ah. Parce que toi, ça ne te dérange pas de sans cesse les entendre se disputer ? T'as l'impression de pouvoir passer un agréable soirée en leur compagnie ?
J'ai à peine fini de parler que Nala et Bill se lèvent et s'en vont dehors, dans le petit parc, derrière le restaurant. Je peux les voir de là où je suis.
Bill semble crier, et Nala n'a pa l'air de se laisser faire. Avec ses gestes soutenus, elle lui fait clairement comprendre qu'elle n'apprécie pas ce qu'il dit et fait. Bien entendu, moi, je n'entends rien. C'est que des hypothèses, tout ça.
Il l'attrappe violement par l'épaule et continue de crier. Je me lève.
- Laisse-les, Georg. Ils mettent les choses au clair, alors reste ici. Il ne la frappera pas.
- *ricannement*
Gustav lève les yeux vers Tom, un sourcil levé.
- Non, je ne le connais pas autant que toi, Tom. Mais là, je peux t'assurer qu'il ne lui fera aucun mal.
- Dix euros.
- Tenu.
Bill tient toujours Nala par l'épaule. Sauf que, maintenant, il pleure. Elle n'a pas bougé d'un poil depuis tout à l'heure.
Progressivement, sa main glisse le long de son bras, pour cesser de la toucher. Il baisse la tête. Nala lui prend délicatement le menton. Elle ne crie plus. Elle se penche vers lui pour le regarder dans les yeux.
C'est fou ce qu'elle est jolie...
Il sourit. Elle sourit à son tour et ils reviennent, l'air paisible.
- Alors ?
- R.A.S.
Il se tourne vers Gustav, qui, toujours plongé dans son livre, a déjà la main tendue, attendant son argent. Avec lassitude, Tom fouille dans sa poche et sort un billet de Dix euros, qu'il donne à son voisin.
- C'est bon. Tout est limpide entre nous, maintenant.
- On a le droit de savoir ?
- Moi, je ne dirai rien.
Pas de grandes confidences...Ce ne sont pas des gens de confiance.
Ca parraît si faux...Mais mieux vaut rester sur ses gardes.
- Plus tard, Tom.