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Nala : Rose-Orangé
Bill : Jaune
Georg : Rouge
Gustav : Bleu
Tom : Vert



Samedi. 8h43. Mon réveil sonne.
J'ouvre péniblement les yeux. Un faible rayon de soleil matinal traverse ma chambre, doré, fin et doux. Il s'est faufilé par l'un des trous entre mes deux volets que je me hâte d'ouvrir. C'est une belle matinée de février. Il fait beau, et la nature est déjà éveillée.
Je m'habille légèrement : il ferait presque chaud !
En ouvrant mon armoire, je regarde tous les posters qu'il y a dessus. Tokio Hotel. Pour la plupart. Bien sûr, il y a aussi Nevada Tan, Killerpilze, LaFee, etc...Mais la majorité emporte TH.
Ma chambre est en bordel, jusque sur les murs. Même s'ils sont recouverts de posters, cela ne veut pas dire pour autant que ces derniers sont bien disposés !
Certains restent pendus par un angle soutenu par un bout de patafix, d'autres sont carrément étalés sur le sol, parfois même déchirés.
Tokio Hotel. Ah, quelle aventure !
Je me souviens encore de la première fois que je les ai entendus. Que je les ai vu...
La première chanson que j'ai écoutée est Rette Mich, la seconde version, avec le clip, en même temps...C'était il y a trois ans.
Maintenant, c'est différent.
Ce ne sont pas les mêmes personnes que je vois sur ces photos, ce ne sont pas les mêmes visages, les mêmes expressions, les mêmes sourires, que je me réjouissais d'admirer autrefois.
Ce que je vois auourd'hui, ce n'est que quatre imbéciles, la tête grosse comme un ballon, et le porte-feuille plein. C'est tout. Rien de plus...
En ce moment, je n'ai qu'un rêve en tête : les empêcher de continuer à se montrer ainsi. Je voudrais que tout redevienne comme avant. Et j'y arriverai !
J'en suis certaine...
Mon portable ! Il est où ? Il viibre !!
Je saute [ahem : je plonge] sur mon lit pour l'attrapper.
- Allô ?
C'est Anelle. Une amie. Enfin...il fut un temps où nous étions meilleures amies. Ce temps est révolu.
Ce serait trop long à expliquer.
- Salut Anelle. Comment ça va ?
Elle va bien. Elle est même carrémment folle de joie.
- Ah ? Et quelle est cette nouvelle si "merveilleuse" ?
Mon sang ne fait qu'un tour. Je crois que je n'ai pas bien compris...
- QUOI ? Tu...T'es...SERIEUSE ??
Oui, elle l'est. C'est formidable. Je reste sans voix. Que dire ?
Je viens de souhaiter quelque chose, et voilà que cela se réalise !
- Quand est-ce qu'on part ?


Je dessine sur mon bloc-notes. Je suis dans le train, seule, à m'occuper comme je peux. Il pleut, le paysage est sombre, et la fenêtre immaculée de centaines de petites perle d'eau de pluie. L'orage gronde, en harmonie avec la mélodie dure et régulière des roues de la locomotive.
Aujourd'hui n'est pas un beau jour, mais j'ai une motivation. J'ai un but.
Je vais à Paris. Et je vais les voir. Tokio Hotel.
Bien entendu, je ne vais pas leur tendre un morceau de papier et un stylo, je ne vais pas sortir l'appareil photo non plus, d'ailleurs je ne l'ai même pas pris.
Je vais simplement leur parler. Mais ce ne seront pas des paroles de miel, ni des louanges relatées que je vais leur faire entendre. Oh non...

Le train s'arrête enfin. Il était temps ! J'allai m'assoupir...
Je descends.

- Mademoiselle Debbs, si je ne me trompe ?
Il est étonnant que quelqu'un d'aussi laid et dépourvu d'avantages ait autant de classe et de galanterie dans la voix.
- Enchantée. Monsieur ?

- Oh, inutile de me nommer monsieur, chère demoiselle. Je ne suis que le chauffeur. Appelez-moi plutôt Karl. Puis-je vous conduire ? Donnez-moi vos bagages...
J'ai l'agréable impression de le connaître depuis toujours. Son langage est soutenu, semblable au mien, comme si nous avions reçu les mêmes leçons concernant l'expression orale.
Mes parents et ma grand-mère ont sacrifié de longues après-midi pour m'obtenir un langage digne des "bonnes gens".
Je descends d'une lignée noble, et ma famille a tenu à garder cette fierté, que ce soit par la garde-robe, le mode de vie, ou le langage.
Je suis le dénomé Karl jusqu'à la voiture. Je me surprends à être heureuse de ne pas voir les quatre garçons à l'intérieur.
Je ne dois pas être encore tout à fait prête pour leur dire ce que j'ai à leur annoncer.
- Karl, savez-vous quand est-ce que je les verrai ?

- Vous voulez parler des garçons ? Oh je suppose que vous pourrez vous entretenir avec eux demain matin. Je ne me souviens plus très bien de votre emploi du temps. Dans tous les cas, Mr David vous le remettra ce soir.
- Je vais rencontrer David ? Ce soir ?
- Naturellement. Il est leur manager, il gère donc tous les rendez-vous, etc.
Il se tait. Je le vois qui m'observe dans le rétroviseur. Il a de somptueux yeux d'un noisette clair. Je m'empresse de tourner mon regard vers la fenêtre, qui m'offre une vue sur Paris embrumé et pluvieux.
Un homme, âgé, tient sa tête dans ses mains, les pieds dans le caniveau, penché sur un pauvre chapeau plein de quelques sous.
Je ne m'étais pas rendue compte, avant d'arriver, que même une capitale, si belle et vivante soit-elle, comporte aussi ses recoins sombres, et pauvres gens, des malheureux qui hésitent entre la vie ici ou un monde meilleur...

- Vous êtes angoissée ?
- J'appréhende un peu...
Il ralentit et se tourne vers moi.

- Je profite que nous soyons seuls, mademoiselle. Ne leur faîtes aucune grande confidence. Ce ne sont pas des gens de confiance. Encore moins des gens mûrs...

- Merci, Karl. Ne vous embêtez pas, je vais prendre mes bagages.
- Non, n'en faîtes rien, laissez. Allez plutôt voir Mr David. Il vous attend à l'accueil de l'hôtel.
- Merci.
Je le laisse avec mes valises et entre à l'intérieur de l'hôtel.
- Mr Jost ? Vous êtes là ?
Il n'y a personne. Ni sur les sièges contre le mur, ni derrière le comptoir.
- David ?
Toujours rien. Bon.
Je remets mon sac à main sur mon épaule et me dirige vers la sortie pour aider Karl à monter mes affaires.

- C'est vous mademoiselle Debbs ?
Je me retourne. Le voilà.
- Oui. Enchantée Monsieur Jost !
Je lui tends la main. Il me la serre durrement, comme les hommes d'affaires. x_X

- Je peux vous appeler Nala ? Bien. Suivez-moi, votre chambre est au troisième étage. C'est le numéro 23. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez ici avec votre téléphone de chambre.
Il me tend un morceau de papier rose avec un numéro dessus.
- Je viens vous chercher demain, à onze heures précises. Soyez à l'heure. Bien, bonne soirée.
Il me donne le clefs et commence à redescendre.
- Oh, j'allai oublier ! Ne sortez d'ici sous aucun prétexte.
Oui chef...
Je le pensais plus agréable que cela, cet homme. Il est charmant, mais un peu brutal et brusque. Je m'y ferai...
J'ouvre la porte de ma chambre.

- Ne fermez pas !
Karl arrive avec mes valises, tout essoufflé.
- Oh ! Laissez-tout ça ici, je m'en charge ! Merci de votre aide !

- Avec plaisir, Mademoiselle.
Il se penche à mon oreille.
- N'oubliez pas ce que je vous ai dit : aucun secrêt, pas une révélation, ni de grandes confidences. Ils sont gentils au premier abord, mais rappelez-vous que les apparences sont trompeuses, ainsi que la première impression...Si vous avez à parler à quelqu'un, choisissez plutôt Mr David. Bon, il faut que je vous laisse, Mademoiselle Debbs. Ce fut un honneur ! Passez un bon séjour !
- Nous ne nous reverrons pas ?
- Je crains que non...Mais qui sait, l'avenir est incertain ! Bonne soirée...
- A vous aussi Karl. Et merci encore.
Il me sourit bienveillament et s'en va par l'ascenseur. Je me retrouve à nouveau seule, comme dans le train. J'attappe mes bagages et les rentre dans ma chambre.
C'est une vaste pièce claire, dans des tons brun, jaune et or.
Une enveloppe est posé sur le lit. Je lis à voix haute. C'est écrit en Allemand.
-
Bonjour Nala !
J'espère que t'as fait bon voyage, et que David t'as bien accueillie ! Ta chambre te plaît ? C'est nous qui l'avons choisie.
Nous nous voyons demain, vers midi, je pense. Il te tarde, non ? Nous plutôt, ça fait longtemps que nous n'avons pas rencontré de fan en tête à tête =) !
J'espère qu'on va bien s'entendre, tous les cinq !
Y a pas de raisons, pas vrai ?
Allez, je te souhaite une bonne nuit !
A demain !

xxx

Bill.

PS : Bisous à toi, et à demain !
Tom, Georg et Gustav.


Je veux bien croire que les apparences sont trompeuses mais...C'est quand même attentionné de leur part de m'avoir écrit cette gentille lettre !
Et David a été si étrange avec moi...
Non. Il faut que je garde en tête le conseil de Karl. Il a sans doute raison. Il les connaît mieux que moi...








# Posté le vendredi 15 février 2008 12:30

Modifié le lundi 18 février 2008 17:35

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